
L’ITALIE, premier pays à avoir libéré ses fous!
(Le FIGARO du 29/10/05)
Face à l’inefficacité des traitements traditionnels en hôpitaux psychiatriques, le parlement italien a voté une LOI en 1978, pour supprimer ces établissements. Il reste cependant en Italie, cinq hôpitaux psychiatriques judiciaires, pour les cas qui pourraient se révéler dangereux. En 1989, tous les « fous » sont remis en liberté ! Pas un seul incident, ni une seule plainte, depuis 25 ans Il est vrai qu’il y a eu la collaboration de la population, lors de la première expérience avec l’hôpital psychiatrique de TRIESTE, on a créé des structures d’accueil et on a développé la personnalité des patients, à travers diverses activités et pratique des visites à domicile. ILS SONT LIBRES, MAIS ON LES AIDE ! La mentalité de la population a changé. Elle a compris que l’hôpital psychiatrique ne guérissait pas !
Mr Dell’Acqua, Directeur du département santé de Trieste a constaté que cela coûte beaucoup moins cher, environ la moitié de ce que coûtait le fonctionnement des asiles, en plus le nombre de psychotropes prescrits a été divisé par trois! Pour l’Organisation Mondiale de la Santé, L’Italie devient le modèle de référence en matière de psychiatrie.
La Commission Européenne lance une grande consultation sur la gestion de la maladie mentale
Consultation publique, organisée par la Commission Européenne, pour l'élaboration d'une stratégie sur la santé mentale pour l’U.E . Chaque citoyen concerné par le problème, peut adresser sa contribution au processus de consultation par courrier électronique ou par courrier. Contrairement à ce qui est dit en première page, la date limite est le 31 MAI 2006.
Adresse:Le courrier reçu sera publié sur le site internet de la Commission, sauf avis contraire.
Fin 2006, la Commission entend présenter son analyse des réponses reçues et le cas échéant, ses propositions pour une stratégie sur la santé mentale pour l'Union européenne.
COMMENTAIRES
Les nouvelles maladies
Dans mon dernier article, je signalais le témoignage d'une lectrice française du « SOIR »: « le DSM, sorte de bible des psychiatres, répertoriait 112 troubles mentaux en 1952 et en 1987: 374! ». Voilà qu'un autre témoignage vient apporter des précisions inquiétantes. Dans le journal "Le MONDE" du 18/6/05, on cite le livre d'un journaliste scientifique allemand Jorg Blech « Les inventeurs de maladie». Le sous-titre annonce la couleur! « Manoeuvres et manipulation de l'industrie pharmaceutique ». L’ouvrage, traduit en 12 langues, fait référence à de nombreuses publications scientifiques. Il s'attaque à toutes les dérives de marketing pharmaceutique dans les pays occidentaux … Les techniques de médicalisation à outrance ne manquent pas. Ainsi, des problèmes personnels et sociaux sont présentés comme des problèmes médicaux. La timidité prend le nom de phobie sociale guérissable par anti-dépresseurs! Dans mon précédent article, le psychiatre et psychanaliste, le Docteur Philippe Hennaux, dit que les anti-dépresseurs augmentent le taux de suicide … et que la relation avec un autre être humain est véritablement thérapeutique ! Il reçoit des déprimés qu'il traite sans médicaments, cela prend plus de temps! Depuis la seconde guerre mondiale, le nombre de maladies mentales reconnues aux Etats-Unis est passé de 26 à 395 ! Les comprimés se multiplient, les dépenses de médicaments explosent, au risque de mettre en péril le système de protection sociale!
La psychiatrie en accusation
(Le SOIR du 1/03/06)
Témoignage émouvant de traitements lourds subis pendant 4 mois par 2 jeunes filles de 17 ans. Devenues médecin et licenciée en philosophie, elles racontent dans un livre " SOIGNER A TOUT CASSER", leur vécu, électrochocs ... cure d'insuline provoquant un coma qui empêchent les neurones de fonctionner!
Démence et euthanasie, démentir la déchéance
(Carte blanche, Le SOIR du 2/3/06).
L'article est important. Nous retenons: « Des médecins ont accepté de donner une bonne mort, parfois au début de la démence! ». Les auteurs posent la question: « l'euthanasie en début de maladie pourrait-elle être légalisée? ». UN bon conseil, dans cette carte blanche: « IL EST URGENT D'APPRENDRE A BIEN VIVRE AVEC LES DEMENTS ET DE S'EN DONNER LES MOYENS DANS TOUTES LES SPHERES CONCERNEES ».
Ignorance de notre bonne LOI sur la Protection des malades mentaux En 1998, un psychiatre qui avait été suspendu pendant 15 jours, a été blanchi par l'ordre des médecins. Plusieurs médecins avaient dénoncé leur confrère, pour pratiques complètement dégradantes et manque de respect vis à vis des patients. Ceci est tout à fait une infraction grave à l'article 32 de notre LOI (A.R du 26 JUIN 1990, signée par le Ministre de la Justice de l'époque, Mr WATHELET). Sanctions: amendes ou peine de prison! Cet article de loi précise: « Tout malade mental est traité dans des conditions respectant sa liberté d'opinion ainsi que ses convictions religieuses et philosophiques et dans des conditions qui favorisent sa santé mentale et physique, ses contacts familiaux et sociaux, ainsi que son épanouissement culturel. »!
INCROYABLE INADMISSIBLE INTOLERABLE
Il y a pis, n'est ce pas, puisque plusieurs pays européens ont laissé mourir de faim des malades mentaux!Le Pire aussi lorsque la personne chargée d'une enquête ferme les yeux! Ma femme et moi-même nous nous occupions, tous les 15 jours, depuis 1988, de 2 soeurs jumelles victimes de parents proxénètes(entre 8 et 13 ans). L'une d'elles, Francine est dans un institut de la Région bruxelloise. L'infirmière en chef ne l'aime pas et elle me déteste. Un bénévole qui parle avec d'autres malades, quand Francine est au cabanon et qui donne des friandises, cela lui déplaît. Elle m'a déjà exclu. Mais je suis revenu. Elle va donc obliger Francine à m'écrire une lettre contre sa volonté. Cette lettre à entête de l'institut, me demande de cesser de lui rendre visite. Avant d'arriver à ce résultat, Francine sera soumise à des menaces, pendant des jours, de la part du psychiatre, de l'infirmière en chef et de deux autres infirmières qui se relaient. Elle (ndlr : Francine) rédigea la lettre. Ma femme est arrivée à lui téléphoner, on a compris. Le médecin-chef va refuser d'intervenir. La juge de paix aussi. Motif : « Vous n'êtes pas de la famille ».
Alors, je porte plainte auprès du Ministre de la Santé, Jean-Louis THYS. Preuve à l'appui. Son Directeur de cabinet m'écrit. Les instructions sont claires, une enquête doit être faite auprès de toutes les parties concernées. Entretemps, la santé de Francine se dégrade fortement. Ne parvenant plus à la soigner, ils l'enverront pour 8 jours au Centre neurologique William Lennox à Ottignies. Là, très bon accueil, j'ai un entretien avec un psychiatre et Francine. Une décision est prise : la Direction estime qu'elle ne doit plus retourner en enfer! Francine reprend vie. Pas de nouvelles de l'enquête. Finalement, un employé de la COCOM, aimable, me passe la psychiatre-inspectrice, au téléphone. Pas le temps de lui parler, elle passe Mr JOORIS, chef de service, il dit NON-LIEU ; terminé.
Pas les moyens de prendre un avocat et le Ministre a des ennuis Que de complices dans ce scandale! Avec des gens comme ça, comment voulez-vous que la psychiatrie ait une bonne réputation? La personne chargée de l'enquête porte une responsabilité importante en refusant de me parler, désobéissant aux ordres du Ministre et laissant impunis des gens qui déshonorent la profession de soignant.
Incroyable, trois ans après, Francine va revivre le même scandale! Là encore ce sera le fait d'une assistante sociale qui me déteste, parce que j'ai porté plainte contre des veilleurs de nuit qui s'amusaient à plonger des malades endormis dans une baignoire d'eau froide. J'ai gagné; elle va rencontrer Francine, dans un home de personnes âgées, où elle travaille aussi. Francine se trouvait dans un institut du Brabant wallon, où elle était bien respectée. Chose incompréhensible: on décide de l'envoyer à l'ORNE 2 à Chastres (les journaux ont parlé de cet établissement en mentionnant la présence de 5 femmes séropositives que Francine a d'ailleurs rencontrées); elle va dire à l'assistante sociale que Mr Wets va lui rendre visite et l'emmener à Manage voir sa soeur jumelle. Le 23 Janvier 96, la patronne du home m'écrit que Francine lui a dit qu’elle ne désirait plus recevoir ma visite! C'est évidemment une machination et les persécutions commencent - elles vont durer 20 jours - : menaces de l'envoyer à Hastière, surveillée nuit et jour, pour qu'elle ne puisse pas téléphoner.
Un inspecteur-psychiatre, le Docteur WILLEMS interviendra, en téléphonant à la patronne, elle lui permettra de parler à Francine, laquelle lui dira qu'elle veut la visite de Mr Wets. Peine perdue, le Docteur n'a pas de pouvoir dans les homes de personnes âgées. La patronne maintient son refus (à noter, il y a 600 malades mentaux dans les homes en Wallonie). La patronne dira à Francine « si Mr Wets se présente ici, il en sortira entre 2 gendarmes ». Francine craque et va rédiger la lettre voulue par la patronne, le 12 février… Francine va se mutile; incapable de soigner, ils l'enverront à l'hôpital d'Ottignies. Je la rejoindrai là. Entretien avec le psychiatre et l'assistante sociale, écoeurés, ils déposeront plainte auprès de la ligue des Droits de l'Homme. Entretemps, ma plainte auprès du Ministre régional de la Santé, Mr Taminiaux, suit son cours, une enquête sérieuse. Le Ministre fera fermer le Home, les pensionnaires seront relogés ailleurs par les soins du CPAS ! J'ai oublié de préciser que Francine était handicapée, à la suite d’une tentative de suicide. Les 2 talons fracturés (en 1996), elle a marché longtemps avec des béquilles: Elle devait travailler tous les jours, nettoyer, servir ....
Conclusion
A 85 ans, il ne me reste plus beaucoup de temps pour continuer à défendre les malades mentaux. Aucun des malades, dont ma femme et moi nous nous sommes occupés pendant 18 ans, n'est retourné à la vie normale. Tous ont dépassé les 20 ans de présence en PSY! J'ai rassemblé dans ce dernier article les informations qui prouvent qu'il y a un malaise évident dans les instituts psychiatriques, en Europe. Les Italiens ont raison. Il faut tirer les leçons de leur expérience. De plus, il y a des économies à faire. Mais le SILENCE qui occulte la Vérité doit être combattu. Des malades qui passent 30 ans en psy, est-ce toujours justifié ou faut- il occuper des lits? D'après une statistique de Mutuelle 20% des malades auraient 30 ans de présence! Il faut un service d'inspection efficace, indépendant du Système actuel. IL faut des inspecteurs qui interrogent les victimes. Ce n'est pas souvent le cas, actuellement! Il faut imposer le respect de notre bonne Loi sur la Protection des Malades mentaux. Il faut sanctionner les infractions, amendes et peines de prison! Il faut aussi déplacer les soignants non qualifiés.
